Par Hachisch Parmentier
Mai 2007
Le nouvel effet secondaire du pétard
Tu m’excuseras pour cette longue absence, mec. Mais, depuis quelques mois, j’étais un poil dispersé sur différentes galères à la dérive. Et tout spécialement avec le turbin que je me suis tapé pour préparer la sortie du bouquin des histoires drôles de Hachisch Parmentier.
Je me doute bien que tu n’en as absolument rien à branler, mais laisse-moi tout de même te dire que ce ne fut pas de la tarte aux poils…
Je t’explique à peine le parcours du con battant en forme de démarchage pour dégoter un éditeur possédant des précieuses suffisamment conséquentes pour oser se lancer dans une combine aussi toquarde. Et là, mon Joseph, je peux te garantir que j’en ai bavé des ronds de tout ce que tu voudras d’indigeste. Mais alors vraiment indigeste, hein !
Et puis, finalement, le gros coup de bol. Alors que je commençais à friser l’état psychique d’un rat crevé depuis lurette, je suis tombé sur un gars vachement sympa qui trouve ma prose suffisamment ébouriffante pour se risquer dans cette entreprise loufoque.
Oh, je te bourrerais le mou en prétendant qu’à partir de là, les difficultés s’aplanir. Non, non, loin de là. Je me suis farci un sacré boulot. Evidemment, je me vis contraint d’assainir ma prose. De l’édulcorer, la moindre des bricoles. De couper tous les poils de Luc qui dépassaient dans la marge. T’aurais dis la saison des foins entre deux mamelons alpestres, mon vieux.
Bien sûr qu’il ne s’agit pas de « lis-tes-ratures ». Tu me connais. Depuis le temps qu’on se pratique, les deux. Et là, ben, j’ai bien été forcé de me relire… Et ça, tu vois, je crois bien que ce fut le pire… Pas triste. Non, non, je me suis même largement fendu le plot. Et j’ai pu constater que l’effet rigolo perdure malgré les années. Mais où j’en ai roté comme une vache espagnole essayant d’apprendre l’angliche, c’est en retravaillant tous ces textes à la « mords-moi-le-neutron-mais-doucement ».
J’ai dû améliorer certains passages écrits en braille avec une brosse à chiottes. Et en corriger d’autres vraiment trop débectants. Mais rassure-toi, j’ai gardé le meilleur.
En reboulonnant ces pages croustillantes d’anthologie, je me suis surtout efforcé de prévenir abondamment les âmes sensibles, les pisse-froid, les ravagés du bulbe, les amoindris des méninges, les ramollis du calcif, les fronts plats et autres tarés qui pourraient s’aventurer dans ces lignes. J’ai mis le pacson dans ce sens et je profite de l’occase pour en rajouter un voyage ici.
Alors je te recommande de prendre note. Ça t’évitera bien des déceptions. Et surtout, de venir au renaud après coup.
T’y es, là ? Je balance la sauce :
- « Attention, ce produit peut être consommé sans modération. Ceci n’est pas un médicament, mais une certaine prudence s’impose. Le pétard peut provoquer parfois quelques effets indésirables ainsi que certains symptômes d’hypersensibilité tels que diarrhée verte, insuffisance rénale, ulcère gastrique et duodénal, dérangements hormonaux, troubles du sommeil et du comportement, démangeaisons des parties nobles, réactions cutanées des zones érogènes, poussées violentes d’urticaire des organes sexuels secondaires, prurit aigu des muqueuses, enflures de la prostate, tuméfaction des lèvres internes et externes, éruptions spermatozoïdiques involontaires, écoulements spontanés de semence, pertes blanches, saignements du paf, abrasion du vagin, nausées chroniques, vertiges et pertes momentanées de conscience, crises hépatiques, asthme du rire, dyspnée de la marrade, apnée rigolote, hypertension artérielle, confusion hilarante, coma euphorique bref ou prolongé, hilarité aiguë, dépendance grave aux dérivés humoristiques, angoisses déclarées, déficiences connues ou inconnues de la rate, incompatibilité d’humeur, dénervations et autres troubles fonctionnels du système nerveux, en particulier des nerfs honteux, vague, hypoglosse, glosso-pharyngien, grand pétreux, petit vestiaire, vestibulo-cochléaire, lacrymal, scrotal, rectal, périnéal, cutané, axillaire, plantaire, du noyau érotique, du nerf zygomatique, du splanchnique, du phrénique, du sympathique, du parasympathique, du sciatique et du nique tout court. Peut provoquer également des hypertrophies musculaires, spécialement du diaphragme, des intercostaux, du droit de l’abdomen, des obliques internes et externes, du pyramidal, du crémaster, du transverse de l’abdomen, du petit psoas, de l’iliaque, du piriforme, de l’obturateur interne, de l’élévateur de l’anus, du sphincter externe, du bulbo-spongieux, de l’ischio-caverneux, du gracile, du pectiné, du semi-membraneux, du poplité, du long extenseur de l’hallux, du lombrical intime, du jumeau inférieur, du carré d’agneau, du petit biceps, du court brachial, du grand pectoral, du fléchisseur profond de la patte arrière, du soléaire, du court extenseur du phallus, des interosseux dorsaux, du sterno-cléido-masturbien, du grand labial et du périnée. Ainsi que différentes tendinites d’Achille, de la scapulo-humérale, du rigolard, du golfeur, du poignet et du bigorneau. Et ce, tout particulièrement chez les sujets présentant une allergie à la brosse à chiottes. Tous ces effets secondaires peuvent provoquer des maladies graves avec des complications toujours possibles. Veuillez demander conseil à votre libraire ou à votre spécialiste des voies urinaires. ».
Te voilà prévenu. Tu ne viendras pas chialer dans mon giron, hein ? Maintenant et vu que je me retrouve tout seulâbre pour faire ma pub, je ne saurais trop te recommander de te procurer ce « bouque » dans les plus brefs délais. Et même plus brefs que laids ! Si tu tiens vraiment à ce que l’on reste de bons potes, nous deux…
Autrement dit, grouille-toi ! Y en aura pas pour tout le monde. Inutile de te préciser que çui qui ratera le coche va facilement passer pour un pauvre guelu, doublé d’un triste moudu… Et je suis poli ! En tout cas, si tu loupais un événement aussi meûmeû, tu voudrais mordre un peu ta douleur, espère…
Je suppose que t’as pigé. Et que des menaces plus précises et plus insistantes restent superflues.
Quant aux connards incurables qui nous cernent, ils sont priés de s’abstenir. Je ne marne que pour un cercle restreint d’avertis, justement. Très bien avertis. Je dirais même consciencieusement mis au parfum par mes soins.
A bon tendeur, salut !