JE  ME  MARRE  SANS  PETARD

 

Par  Hachisch Parmentier

 

Janvier 2006

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Le pétard nouveau est à rivets

 

   

                           

                            Ce morninge, je me paye une casquette en fonte renforcée qui me coince l’os qui pue comme dans un étau. Je me sens aussi frais que le pauvre keum qui vient de traverser le désert des Gobilles à pinces sans escale et avec la clim’ en rideau depuis le départ. Tu parles, une nouba de ce tonneau, même de plusieurs barriques, ça laisse des traces. J’ai la calebasse qui résonne. Et les vibrations du solo de batterie qui s’y déchaîne me déboulonnent les plaques blindées. Bonjour le tam-tam de la grosse caisse ! En plus, j’ai l’estom’ au bord des lèvres et le mou encore tout embrumé par les vapeurs de pichtegorne frelaté et aussi mal distillé que la mauvaise bile de mon foie qui hoquette des représailles bien perfides. L’est pas prêt de l’oublier, celle-là, mon organe si rose. Tu penses, une cuite pareille. Conséquence : je me paye une gueule de buis pur sucre et une tronche du même métal. Un lendemain de foiridon qui chante plus faux que les chevaliers du pétard volant. Barbouillé de désilluses acidulées et d’amertumes pas racontables. Le monde a renfilé le masque de ses horreurs habituelles et la vie a repris ses allures de fosse septique en crue. La vaca lechera ! Pour un premier jour de l’an, ça commence plutôt mal, hein ! Et, pour mettre un comble à mon urgente envie de déjanter, j’me retrouve devant ma caisse à éplucher les nèves des différentes feuilles de choux-graves en ligne, dans l’espoir de te trouver un sujet de déconnade pas trop déprimant. Histoire de se requinquer le moral en charpies et de débuter, malgré tout, cette nouvelle année par un brimborion de rigolade. Quand bien même il conviendrait de pas pleurer la dose de papouilles humides et autres chatouillis à la plume de paon-paon sous les aumônières... Mais là, c’est pas gagné, hein ? C’est pas de la tarte aux poils ! Va falloir que je me surpasse ! Que je me triture la glande transpirante comme un forcené. Que je m’agite le dépôt du concentré de trouvaille façon pschit-pschit. Que je me lance dans un frotti-frotta d’épileptique en boîte jusqu’à l’étincelle illuminatrice. Quand t’as que pouic à dégoiser, comme dans mon cas présent, ben, y te reste seulement deux soluces, l’artiste. Soit tu te coinces piteusement la bulle à double tour, soit t’en fabrique tout un frometoboque romancé aux effluves ravigotants et à la sauce pimentée version chalumeau créole. Mézigus, j’ai horreur de la passivité ! Alors, j’m’entifle mon énième potion magique effervescente avec la grimace qui convient et je plonge dans le flot délirant. Si ça te branche, t’as qu’à me rejoindre ! Elle est vachement bonne !          

 

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