Par Hachisch Parmentier

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Salut les gros gâtés ! Ça gazouille, ouais ? Les p’tits louveteaux ont retrouvé le chemin du bercail ? Je suppose qu’ils ont troqué, sans trop se faire tirer l’éventail à moustiques, la tante contre…heu…la tente contre un bon apparte manchot…heu…chaud. Excuse, j’ai un peu de mal à redémarrer la marrade. A froid, comme ça, j’ai la turbine qui patine. Faut qu’elle chauffe la moindre avant de grimper au rideau. Faut y aller calmos ! Monter les tours progressivement. Débuter avec des papouilles simples et faciles à gober. Des paroles ensorceleuses. Des mimis légers comme des papillons nés pas laids. Des frôlements du bout des doigts sur le capot arrière. Des effleurages mutins dans le sens du poil. Toujours, hein ! Important ça, le sens du poil ! Et puis des caresses à peine perceptibles sur les bouchons de radiateur. Ne jamais oublier l’appareillage secondaire ! Jamais ! Ni le module de transmission ! Faut encore des attouchements subtiles sur le con-tracteur de panier. Des titillements prometteurs d’extase sur la bobine d’allumage. Des lape-suce lingés appuyés sur le bitougnot de la boîte de vitesses. Des lapements et des suçotements sur le cliquet du culbuteur inversé. Des chuchotements enamourés au creux du cylindre. Des bisous humides sur le joint de culasse. Des lissages de jupe pleins de tendresse. Des baisers fougueux sur le bloc-moteur. Des chatouillis espiègles sur la tubulure d’admission. Des tâtonnements prudents de la chambre de combustion. Des palpations expertes de la jauge de l’arbre à cames. C’est que c’est vachement sensible, ce genre de bestiole ! Ça a ses exigences et ses petits caprices. Ça demande des soins parti-culiers. Des attentions très soutenues. Des lubrifications intensives. Des entretiens assidus. Des vérifications constantes. Une vénération sans compromis. Un bichonnage de tous les instants. Et surtout, le respect scrupuleux des consignes de mise à feu du pot principal. Parce que, si t’attaques d’autor le raidillon escarpé de l’histoire du « chasseur d’ours bleu ayant rencontré l’ours bleu » sans avoir souscrit à tous les préliminaires d’usage, tu risques bien qu’elle renâcle, ta belle Machine. Que ses jolis pignons te mordent le piston. Que son alternateur te nique la bougie. Que ses soupapes te jouent le grand air de la Tagada par l’échappement directe. Que ton père Cuteur se plante le casque d’immersion dans son filtre à bain d’huile. Que ton mandrin s’emplâtre dans sa mignonne boîte à outils. Que ta tringle de con-presseur se pète la soudure. Que ton manche d’éjection se crame l’empennage. Que tes deux petits réservoirs d’appoint se désappointent complètement. Que ta perche de ravitaillement se foute à pendouiller lamentablement. Ou pire, ta bielle à couler toute seulabre. Gaffe, mec ! Une banale avarie de Micheline peut avoir des retombées catastrophiques !…

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