JE  ME  MARRE  SANS  PETARD

Par Hachisch Parmentier

Septembre 2004                                                                                                   home

Le pétard olympien 

 

 

Ça y est ! Les vacances sont déjà finies ! C’est dingue ce que le temps passe

vite quand t’as rien à glander ! Trois semaines de campo à lézarder au soleil avec, chaque fois que t’en as envie, un petit calumet de l’amitié derrière les parasols. Tu te laisses bercer par le temps qui veut plus rien dire, le caberluche en roue libre, la couenne bronzée et les sens assouvis, la carcasse assoupie et l’esprit en repos complet, l’âme submergée par l’allégresse débordante d’une harmonie spirituelle enfin retrouvée. En paix avec toi-même et le reste de l’univers. C’est ça le vrai bonheur et c’est pour ça que ça fout le camp à pareille vitesse ! T’as tout juste pigé à quel point tu jouis profondément que tu peux déjà renfiler ton bénard et partir retrouver la dure réalité. La terrible calamité et la grande pauvreté de ta triste condition de galérien moderne ! La mélasse habituelle dans laquelle tu te débats à grands renforts de coups de reins désordonnés pour surnager tout en essayant de pas boire trop souvent la tasse ! Survivre, par ces temps bordéliques que nous connaissons, n’a plus rien à voir avec l’art ou le talent ! Au jour d’aujourd’hui, pour pas couler, faut vraiment ramer ! Faut posséder une monstre dose de qualités et pas pleurer la quantité ! Ou alors, faut marner carrément comme génie reconnu et attitré ! Savoir profiter bien à donf de la connerie environnante ! Trouver comment supporter tous ces casse-burnes qui nous cernent ! Faire preuve, en permanence, de beaucoup d’ingéniosité pour tirer le meilleur du pire ! Mais surtout, faut  se battre inlassablement contre la morosité ambiante, la fourberie con-génitale de nos con-génères, con-temporains et reines, contre la pauvreté d’esprit de nos humoristes, la débauche honteuse de nos artistes, la déchéance de notre société, la neurasthénie chronique de nos grands cerveaux, la corruption endémique de nos dirigeants, la profonde tristesse de notre avenir, la destruction galopante de notre planète, la frivolité déconcertante de nos politiciens, la perfidie démoralisante de nos relations, la perversité dévorante de nos nénettes, la manipulation sournoise de nos médias, la futilité de la matière, l’inanité des choses, l’inconscience de notre jeunesse, le nombre toujours croissant de moulins à vent, la dépravation scandaleuse de nos…comment tu dis ? Je parle comme un vieux con, justement ? Tu crois entendre ton dabe ?…Pt’être bien, note ! Mais qu’est-ce tu veux, mécol, les retours de vacances, ça me flanque le gros bourdon ! J’y peux que dalle ! Mais si t’es un poil réaliste, t’es bien forcé d’admettre que la vie devient une longue bataille de plus en plus acharnée et bestiale ! Faut bien se faire une raison ! Une raison de plus pour se marrer malgré tout ! Je sais plus quel tordu a dit : « L’humour, c’est rire quand même ! ». Quand t’as quatre piges, le plus important, c’est de pas faire dans ton froc ! (Mords un coup comme je surveille mes expressions !). A douze ans, la priorité, c’est d’avoir plein de potes ! A dix-huit, d’obtenir ton permis de conduire ! A vingt, de baiser tous les jours ! A trente-cinq, d’avoir beaucoup de pognon ! A cinquante, d’en avoir encore plus ! A soixante, de baiser de temps en temps ! A soixante-quinze, d’avoir encore des potes parmi les vivants et à quatre-vingts balais, de pas faire dans ton froc !…C’est ça, la dure réalité !…

 

Le bouquin de Hachisch Parmanier est disponible dès aujourd'hui sous www.edcarte.ch